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par -C.Jo-
Mercredi 30 juillet 2008

Il y a à peu près un mois, je suis allée boire un café chez Odette. Ce jour là elle m’a annoncé qu’elle avait vendu le bar et qu’un autre café allait ouvrir.

 

Aussi idiot que cela puisse paraître, j’ai eu de la peine. Un vrai pincement au cœur. C’est là que tout à commencé. C’est Odette qui m’a donné le goût du glauque. C’est à partir de là que j’ai développé cette curiosité pour le vécu du lieu, son atmosphère –aussi craignos soit t-elle, plus que pour son confort, sa qualité.

 

Odette a ajouté que le nouveau propriétaire ouvrira lui aussi un café. Depuis, j’essaye d’imaginer quel genre de propriétaire peut vouloir acheter un taudis pareil. Pourtant il a sûrement visité et vu qu’il n’y avait pas un chat la dedans, quelques rats à la rigueur.

 

J’y ai repensé encore et encore en m’imaginant à la place du nouveau propriétaire. A quoi ressemblerait le Chez C.Jo ? Probablement un truc banal, plutôt joli et surtout douillet. En tout cas ce qui est sûr, c’est que je retirerai en premier ce que j’aimais chez Odette. Alors je ne peux pas reprocher au nouveau Odette de faire la même chose. Seulement, il y a des fois où on aimerait que certaines choses restent figée dans le temps fonctionnant ainsi comme un repère des pauvres gens esseulés en manque de fun.

 

Depuis ce jour, je n’y suis pas retournée. J’ai trop peur qu’il soit trop tard. C’est pour cela que je vais vous décrire ce que je pense être mon dernier café chez Odette.

 

Ce jour là j’étais sérieusement en manque d’inspiration. Je devais rendre une série de croquis pour laquelle j’avais choisi le thème du café.

 

C’était un dimanche à Savigny sur Orge, le jour où presque tous les cafés du coin sont fermés. Je m’apprêtais à aller chez Roland au Modern’ Bar  mais lorsque je suis passée devant je n’ai pas osé entrer car 2 ou 3 bourrés qui commençaient à s’embrouiller devant. J’ai marché encore un kilomètre pour arriver chez Odette. Comme d’habitude ça avait l’air inhabité laissé à l’abandon.

 

Les stores étaient en partie fermés, même celui de la porte d’entrée était baissé au quart, mais en m’approchant de la terrasse je sus tout de suite vu qu’il était encore habité. En effet la quantité impressionnante de pain qu’Odette laisse dehors pour les oiseaux n’était pas encore réduite en bouillie par la pluie qui tombait depuis plusieurs jours. Je me suis alors approchée de la porte vitrée déguelasse jusqu'à ce que j’y colle mon nez. A travers les traces de poussières qui la rendait partiellement opaque, j’ai vu Odette assise dans son fauteuil me faisant signe d’entrer.


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